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Schumann - Fauré
Yves Henry, piano
Gilles Henry, violon
Emmanuel Gaugué, violoncelle
9 mars 2012
- Gabriel Fauré : Trio en ré mineur, op. 120
- Robert Schumann : Trio en fa majeur, op. 80
Une trentaine d’années sépare ces deux compositeurs, mais leurs trios avec piano se rejoignent pour figurer en bonne place parmi les sommets du répertoire de la musique de chambre. Avec Robert Schumann et à la suite de Mendelssohn, l’esthétique du trio prend une nouvelle dimension. Son trio en fa majeur représente l’équilibre parfait entre les différents courants du romantisme allemand. Il se caractérise également par un rapport plus équilibré entre le piano et les cordes. Dans texture instrumentale serrée fondée sur une concentration de motifs, Schumann combine la polyphonie de Bach et le langage dramatique de Beethoven à sa propre imagination. La texture contrapuntique se resserre autour de dialogues entre le violon et le violoncelle et le piano par d’incessants effets d’écho.
Admirateur de Schumann, Gabriel Fauré est l’un des grands musiciens qui contribuent à l’épanouissement de la musique de chambre en France au tournant des XIXe et XXe siècles. Les qualités de son message musical et de son invention mélodique ressortent admirablement dans son trio en ré mineur. Écrit à l’âge de 78 ans, ce trio contient bon nombre des caractéristiques de la période ultime de son compositeur. Loin de renoncer à la nouveauté, il utilise une palette riche en couleurs harmoniques et une structure dans laquelle les thèmes ne se développent pas de manière isolée. Le premier mouvement, d’une forme inventive, commence par un fond de piano qui permet une introduction du thème mélancolique par le violoncelle. Tous les autres thèmes qui suivent restent interconnectés. Le second mouvement présente quant à lui deux climax opposés. L’un est tendu et mélancolique et le second s’ouvre à la chaude expression de fa majeur. Le retour au ton dramatique dans le dernier mouvement s’articule sur un dialogue entre le piano et les cordes à l’unisson : une conclusion vigoureuse et éclatante à une œuvre qui s’était ouverte dans la mélancolie des couleurs automnales.
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