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Schumann - Fauré

Quatuor Renoir
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  • Gabriel Fauré : Quatuor à cordes, op. 121
  • Robert Schumann : Quatuor n° 1, op. 41


Note de programme
Si quelques jours à peine en juin 1842 suffirent à Schumann pour achever le premier volet du triptyque de l’Opus 41, plus d’un an de dur labeur fut nécessaire à un Fauré presqu’octogénaire pour mener à bien la composition de son unique quatuor à cordes. Ces gestations différentes ne doivent toutefois pas masquer une révérence partagée par les deux compositeurs devant l’imposant massif des quatuors de Beethoven, révérence qui fit que Schumann ne dépassa le stade de l’esquisse dans ce domaine qu’encouragé par l’exemple des Trois quatuors opus 44 de Mendelssohn, achevés en 1838, tandis que Fauré de son côté retarda l’échéance jusqu’à la toute fin de sa vie.

Nourri par la lecture et l’étude des quatuors de Haydn, Mozart et Beethoven, Schumann suit certes dans le Quatuor en la mineur opus 41 n°1 la découpe classique en quatre mouvements, mais il opte pour un plan tonal original, qui fait, dans le premier mouvement, succéder au la mineur de l’introduction lente un surprenant fa majeur dans l’Allegro, tonalité reprise dans la romance rêveuse du troisième mouvement ainsi que dans l’Opus 41 n°2. Notés tous deux presto, les deuxième et quatrième mouvements retrouvent quant à eux la tonalité de la mineur et partagent une même franchise et robustesse, à peine contrariées par l’irruption étonnante d’une courte mélodie aux allures de musette suivie de longs accords inquiétants avant la brillante péroraison finale.

Œuvre ultime mais certainement pas crépusculaire, le Quatuor en mi mineur opus 121 baigne tout entier dans une tendre lumière aurorale tout au long de ses trois mouvements, plan qu’il partage avec le Trio opus 120 ou le Premier quintette opus 89. Le ton est certes au recueillement et à la gravité dans les deux premiers mouvements, que ce soit dans l’entame pleine de mystère de l’alto à découvert, ou le thème poignant de l’Andante se prolongeant indéfiniment au travers de subtiles transformations harmoniques ou motiviques, mais sans jamais tomber dans le pathos ou le dramatisme. L’Allegro final quant à lui joue sur la répétition obstinée d’un même dessin rythmique, soutenu par un accompagnement en pizzicati, pour conclure sur une note radieuse et enthousiaste ce chant du cygne fauréen.

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